Oeuvre

« Un homme repère sur la carte de France, cent communes ou villages dont le nom est aussi un nom commun ou une expression de langue française. Il scénarise un roman –photo dont le texte est uniquement composé du nom de ces lieux. Il parcourt la France pendant 10 mois afin de photographier les plaques d’entrée et de sorties des 100 communes en question. Il y fait des rencontres. Pour chaque photographie, le cadre est identique, aucune présence humaine n’y est détectable. A la fin de son parcours, l’homme agence ses photographies et propose à des acteurs de jouer les actions du roman-photo sur un plateau de théâtre. »

Etre à l’errance de ce périple dont la finalité peut encore se justifier à travers les signes du théâtre. Ainsi posée la première hypothèse de cette nouvelle création, dont la gestation  ne se répètera pas et dont le geste ne s’inscrira pas non plus dans la syntaxe écrite.

Reste alors à voyager et adopter des stratégies.

2012 commencera pour moi par ce périple et quelques dates encore de notre increvable « Et Puis…. Ziggy Stardust »

Procéder grâce à la photographie à la création d’images par empêchement du déroulement habituel de la pensée. Des kilomètres à avaler seul au volant de ma voiture pour aller à la rencontre d’un écart entre le mot et sa représentation, afin de justifier cette hypothèse de travail.

Une œuvre que n’aurait pas eu de mal à imaginer Edouard Levé (Œuvres, POL, 2002) et vers lequel penche cette première hypothèse. Cette France auteur(e) et silencieuse malgré elle, qui devient le théâtre des opérations d’un homme que je choisi d’investir comme un nouveau jeu de pistes. Obsession des lieux, comme autant de rencontres possibles à travers ces désignations de communes qui constituent le préalable, en signant le texte anecdotique de leurs correspondances accidentelles. L’application du principe rigoureux du déplacement, et la surprise de la nomination de ces endroits, proposera au cœur de la future représentation, un hiatus entre le signifiant des lieux et le signifié de l’action réalisée dans un futur, sur un plateau de théâtre…

La méthodologie intuitive des clichés a l’esthétique simple et dont le cadre frontal est dénué de présence humaine, invite à la lecture du mot signifié par l’apparition du nom propre par on ne sait quel hasard où fait historique. L’esprit des lieux doit apparaître dans le hors-champ photographique de cette France forcément profonde .

Le voilà encore ce théâtre, dans sa consternante banalité dont sa résonnance en écho est habitée par la greffe du mystère de l’imagination et où le lieu s’accomplit par la parole, texte futur d’un roman-photo parfaitement banal, lui aussi.

Peu de producteurs évidemment à suivre encore une fois mon expérience de l’énigme. Il faudra encore que l’épreuve du plateau invite à l’adhésion. Le constat progressif du manque total de capitalisation du risque dans la création théâtrale française a perdu son triple A depuis bien longtemps. Dans le département de la Mayenne, une photo du panneau indicateur de la commune d’Andouillé aurait largement contribué à la rédaction de ce constat. Elle sera visitée par mon grand-angle comme 99 autres…

Ce blog repris à temps par l’investissement retrouvé, en restituera l’errance.

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A propos renaudcojo

autobiographe pointilliste
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