Allant droit, rentre d’Anvers.


La pluie était aussi à Anvers. Une pluie fine, presque invisible tellement elle est aussi, d’une certaine façon, LE paysage. Ces lignes courbes qui convergent toutes vers l’Escaut, piste portuaire historique, vitrine d’un monde conjugué au pluriel : Afriques et Amériques.
Depuis longtemps, les marins ont laissé par là, leur quartier à d’autres commerces, d’autres vitrines.
Je n’ai pratiquement pris aucune photos à Anvers, seulement attrapé de la lumière grâce à d’autres pièges : Un enregistreur Zoom, une caméra numérique haute définition, et ces textes d’Edouard Levé qui accompagnent depuis quelques semaines, l’éventualité d’un futur projet.
Se promener ici entre deux séances de répétition relève d’un intarissable jeu de pistes, où bien qu’invisible, la pluie dessine en clair obscur, un labyrinthe concentrique de petites rues, où j’aime à trouver de nouveaux repères. Le Café Pelikaan où les murs bruns dénoncent ces vieilles dames qui fument probablement ici depuis leur adolescence; au bout, ce disquaire spécialiste en vinyl, « Tune-Up » déjà conseillé par Stef, où la possibilité de replonger dans le son des 70’ est en soi la promesse de la meilleure bande-son possible aux errances Anversoises, pour se souvenir, après.
Et toujours ce goût de bière trappiste en bouche, donnant sa note ambrée au souvenir, comme une mélodie prisonnière de son ivresse.

Stef Kamil Carlens

Musique donc, puisque c’est ici que depuis plus de quinze ans mes oreilles traînent de ce côté de l’Europe. Zita Swoon devenu depuis Zita Swoon group, sans doute pour ne pas faire défaut à cet esprit du collectif qui anime depuis le début, ce voyage en humanitude de Stef Kamil Carlens et de ces musiciens venus de partout.
Beaucoup trop a été dit au sujet du « Chaman » et de son inspiration puisée dans le sang des meilleurs songwriter, de la transhumance musicale du bluesman européen…
En ce qui me concerne, la musique de Zita Swoon n’autorise aucune étiquette, mais des fenêtres ouvertes vers des sorties possibles par où je reste désormais dans ce jardin familier.

C’est dans une ancienne scierie, son arche, construite en partie de ses propres mains et de celle qui l’accompagne, que je me suis exercé à poser ma voix sur celle de Stef Kamil, dans l’urgence de ce projet un peu fou de notre future nuit avignonnaise du 15 juillet prochain.

Hoboken, studio

Du plus près, cette musique en sous-titre aux textes de Edouard Levé, résonne cette impossibilité d’être à l’œuvre. Alors j’écoute. En apprenti chaman. En épouvantail immobile. Toujours dans le jardin.

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A propos renaudcojo

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